Le 1er avril marque l’ouverture du procès au tribunal de première instance de Libreville, un jour tant attendu afin de faire la lumière sur ce drame qui a endeuillé plusieurs familles.

Après plus de trois ans après le drame, l’heure de la justice semble enfin avoir sonné. En ce jour s’ouvre le procès très attendu du naufrage de l’Esther Miracle, une catastrophe maritime qui avait profondément marqué le Gabon et bien au delà de ses frontières .
Dans la nuit du 9 mars 2023, ce ferry assurant la liaison entre Libreville et Port-Gentil sombre au large des côtes gabonaises. À son bord, des centaines de passagers. Très vite, le drame prend une ampleur tragique : au moins une trentaine de morts, plusieurs disparus, et des familles plongées dans une attente insoutenable et sans réponses . Les opérations de secours, jugées lentes et insuffisantes par de nombreux témoins, alimentent alors la colère et l’incompréhension. Et jusqu’à ce jour, les proches des victimes réclamaient des réponses. Comment un tel drame a-t-il pu se produire ? Le navire respectait-il les normes de sécurité ? Les autorités ont-elles failli dans leur mission de contrôle et de secours ? Autant de questions qui taraudent l’esprit.

L’ouverture de ce procès représente donc bien plus qu’une simple étape judiciaire. Pour les familles, il s’agit d’un moment crucial, porteur d’espoir afin que la vérité soit révélée, mais aussi de crainte; la crainte que la vérité ne soit que partielle. Au cœur des débats on parle des conditions de navigation, l’état du bateau, mais aussi la gestion des secours dans les heures qui ont suivi le naufrage. Des éléments déterminants pour comprendre les causes exactes de la tragédie et éviter qu’un tel drame ne se reproduise.
Ce procès s’annonce révélateur. Reste à savoir s’il permettra réellement d’apaiser les blessures encore vives de toute une nation et de rendre hommage à toutes ses personnes disparues
MARIE-CELINE AKANDA.
