Bourses et statut : les étudiants de l’ex-ENSET haussent le ton face à l’ANBG

Lauraine

À Libreville, la tension monte entre les étudiants de l’Institut de formation à l’enseignement technique et professionnel et les autorités. En ligne de mire : l’harmonisation des bourses et la reconnaissance de leur statut d’élèves-professeurs, jugé aujourd’hui défavorisé.

La pression est montée d’un cran. Les étudiants de l’Institut de formation à l’enseignement technique et professionnel (ex-ENSET), réunis au sein de leur mutuelle, ont investi les locaux de l’Agence nationale des bourses du Gabon à Oloumi pour faire entendre leurs revendications.

Au cœur de leur mobilisation, une exigence claire : l’harmonisation de leurs catégories de bourses avec celles des autres élèves fonctionnaires. Se définissant comme des « élèves-professeurs », ils réclament un traitement équivalent à celui de leurs homologues de l’Institut de formation des enseignants, qui bénéficieraient notamment d’allocations familiales. Un écart jugé incompréhensible par les manifestants, qui dénoncent une inégalité de traitement au sein même du système de formation.

Face à eux, la directrice générale de l’Agence nationale des bourses du Gabon, Paule Elisabeth Désirée Mboumba Lassy, a tenté de désamorcer la crise. Elle a invité les étudiants à se tourner vers leur tutelle, le ministère de l’Éducation nationale, tout en annonçant la tenue prochaine d’une réunion avec le secrétariat général afin d’examiner les contours du dossier. Une rencontre dont la tenue reste suspendue à la validation de l’administration.

Mais sur le terrain, l’impatience gagne. En réaction, les étudiants de l’Institut de formation des enseignants ont à leur tour donné un ultimatum de cinq jours à leur tutelle, brandissant la menace d’un mouvement d’humeur si aucune réponse concrète n’est apportée.

Au-delà de la question des bourses, la contestation révèle un malaise plus profond. Les étudiants dénoncent une dévalorisation progressive du statut d’élèves-professeurs, pointent les avis défavorables frappant plusieurs nouveaux admis issus des filières CAPCET et CAPLT, ainsi que la lenteur administrative dans le traitement de leurs dossiers. Autant de griefs qui alimentent un sentiment d’injustice et d’abandon.

Malgré nos tentatives, le secrétariat général du ministère de l’Éducation nationale n’a pas réagi. Dans un contexte déjà marqué par des tensions récurrentes dans le secteur éducatif, cette nouvelle fronde étudiante pourrait bien s’imposer comme un test pour la capacité des autorités à restaurer le dialogue et à répondre à des revendications devenues pressantes.

REVE NGOUL-ALY

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