Cette affaire dénonce la qualité de la prise en charge des femmes dans les structures de santé, et nous montre à quel point les réseaux sociaux aux travers de certaines diffusions poussent les autorités à réagir.

Une vidéo dans les locaux d’une structure sanitaire, devenue virale en quelques heures depuis plus de 24 heures, a récemment plongé la toile congolaise et au delà de ses frontières dans l’indignation. On y voit un médecin, nommé David Balanangayi, frapper une patiente allongée sur un lit d’hôpital, visiblement juste après son accouchement. La scène, filmée à Kinshasa, a provoqué une vague de colère. Cela choque, mais l’on se demande si c’est juste un cas isolé ou plutôt un problème plus profond, celui des violences obstétricales.
Dans de nombreux pays, les violences obstétricales restent un sujet encore peu documenté mais bien existant. Elles englobent les comportements abusifs, humiliants ou brutaux infligés aux femmes pendant la grossesse, l’accouchement ou le post-partum.
Dans cette affaire, la brutalité du geste, captée en vidéo, rend la situation impossible à devoir la passer en mode silence radio. Mais pour certaines associations, ce cas ne serait que la partie visible de l’iceberg d’un phénomène plus large, souvent passé sous silence dans les structures de santé. Des témoignages de femmes évoquent déjà, en privé comme sur les réseaux, des expériences similaires : manque d’écoute, gestes imposés sans consentement, voire violences physiques ou verbales . Autant de pratiques qui posent la question du respect de la dignité des patientes.
On note tout de même un point culminant la force des réseaux sociaux. Oui car sans la vidéo, l’affaire n’aurait pas eu un tel retentissement. Ce sont les réseaux sociaux qui ont propulsé cette scène au cœur du débat public. Partagée massivement sur WhatsApp, Facebook, la vidéo a suscité une réaction immédiate : indignation, appels à sanction, mais aussi multiplication de prises de parole.
En quelques heures, l’opinion publique s’est emparée du sujet, obligeant les autorités et les instances médicales à réagir. Ce phénomène illustre le pouvoir croissant des plateformes numériques dans la dénonciation des abus, mais aussi dans la construction d’une forme de justice populaire.
Car cette viralité a un revers : elle peut amplifier les émotions, parfois au détriment de la réalité . Des versions contradictoires des faits circulent, tandis que des messages attribués au médecin tentent de contextualiser son geste, évoquant une vidéo incomplète une situation d’urgence dont il a du user de violence pour sauver la patiente qui refusait de coopérer pour des soins sans anesthésie dont elle avait besoin pour lui sauver la vie.
L’affaire met ainsi en lumière un équilibre délicat. D’un côté, les réseaux sociaux permettent de briser le silence sur des faits souvent ignorés et de les rendre visibles. De l’autre, ils peuvent précipiter les jugements et compliquer l’établissement des faits.
Mais une chose est claire aucune circonstance ne saurait justifier la violence physique envers une patiente, encore plus dans un moment aussi vulnérable que celui qui suit un accouchement.
Elle rappelle enfin que, à l’ère du numérique, chaque geste peut être exposé au regard du monde transformant un incident local en affaire nationale, voire internationale.
Reste à savoir si cette indignation collective se traduira par des changements concrets, ou si elle s’éteindra au rythme effréné de l’actualité en ligne.
MARIE -CELINE AKANDA
