L’impunité derrière les grossesses précoces: Un scandale silencieux au Gabon.

ONASIA MABITI

Des jeunes filles avant l’âge de la maturité se retrouvent enceinte souvent victime de leurs naïveté. Mais n’empêche que ces cas sont souvent traités en famille car pour certains ménages cela est un sujet tabou et aussi la précarité qui les emmène à être dans un déni et accepter juste de l’argent plutôt que de dénoncer ces pratiques devant les tribunaux ,ce qui rend les auteurs de ces délits récidivistes sans aucun remord tout en détruisant l’avenir des adolescentes.

Au Gabon, nous avons un problème majeur de société les grossesses précoces. De nombreuses adolescentes chaque année se retrouvent enceintes, et souvent avant d’avoir atteint la majorité. Si ce phénomène est largement connu, la question qui faut se poser: c’est pourquoi est ce que les responsables sont si rarement punis ?
En théorie, la loi gabonaise condamne sévèrement les relations sexuelles avec des mineures, selon l’article 256 du Code Pénal: qui définit le viol comme tout acte de pénétration sexuelle imposé par la violence, la contrainte, la menace, la surprise ou la ruse, y compris sur mineur. Pourtant, dans la pratique, peu d’affaires finissent devant les tribunaux. Cette situation engendre un sentiment d’impunité qui favorise la répétition des actes.
Plusieurs facteurs expliquent ce contraste entre la loi et la réalité.

En premier, le silence des familles qui joue un rôle central. Par peur du scandale ou pour préserver l’honneur, certaines familles préfèrent régler ces situations à l’amiable plutôt que de saisir la justice. Dans d’autres cas, quand la précarité bat son plein au sein des familles, des arrangements financiers sont conclus entre les familles, ce qui empêche toute poursuite judiciaire. À cela s ’ajoute une certaine banalisation du phénomène. Dans plusieurs milieux, les grossesses précoces ne suscitent plus l’indignation qu’elles devraient provoquer. Cette normalisation contribue à protéger les auteurs, qui ne craignent pas de sanctions face au point de vue de la société.
Néanmoins les conséquences de cette impunité sont graves.

Les jeunes filles abandonnent souvent l’école, voient leurs perspectives d’avenir réduites et subissent des dépressions face aux pressions sociales. Pendant ce temps, les responsables échappent à toute responsabilité et peuvent récidiver car rien pour les ramener à l’ordre.
Face à cette situation, il devient urgent de renforcer l’application des lois, de sensibiliser les populations et de tendre l’oreille et encourager les victimes à dénoncer les abus. Sans cela, les grossesses précoces continueront de compromettre l’avenir et la santé de nombreuses jeunes filles au Gabon.
Lutter contre cette impunité, c’est protéger les générations futures.

MARIE-CELINE AKANDA.

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