Au cœur même du Palais de justice de Libreville, un incident inhabituel est venu troubler le fonctionnement de l’institution judiciaire. Un agent technique affecté à la Cour de cassation a été interpellé après avoir été trouvé en possession d’une quantité de cannabis provenant de substances placées sous scellés dans le cadre de procédures pénales.

Un événement pour le moins inattendu s’est produit le 11 mars 2026 dans l’enceinte du Palais de justice de Libreville. Un agent recruté dans le cadre de la main-d’œuvre non permanente et travaillant auprès de la Cour de cassation a été surpris alors qu’il détenait du cannabis provenant de produits stupéfiants conservés sous main de justice. D’après plusieurs sources proches du milieu judiciaire, la scène aurait été constatée par le procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville, accompagné d’agents appartenant aux services spécialisés. L’homme aurait été intercepté alors qu’il transportait une quantité de chanvre indien qui, selon les premiers éléments recueillis, aurait été prélevée dans des sacs entreposés dans une pièce située à proximité du local réservé aux pièces à conviction.
Les faits se seraient déroulés au moment où se tenait, le même jour, une audience solennelle à la Cour d’appel de Libreville. Cette cérémonie était consacrée à la prestation de serment de nouveaux agents de l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF). L’agent interpellé faisait partie de l’équipe technique chargée de l’installation et du fonctionnement du matériel de sonorisation nécessaire au déroulement de l’événement. Lors de ses premières déclarations, l’intéressé aurait reconnu avoir prélevé la substance. Il aurait expliqué que l’odeur du cannabis provenant de sacs stockés dans une pièce voisine avait attiré son attention pendant qu’il accomplissait ses tâches. Après la fin de la cérémonie officielle, il serait retourné dans cet espace pour emporter une petite quantité du produit, affirmant qu’il souhaitait en faire usage à titre personnel.

Après son interpellation, il a été conduit à la Brigade spéciale de police judiciaire située dans l’enceinte du Palais de justice. Devant les enquêteurs, mais également devant des journalistes présents sur place, il aurait confirmé les faits et exprimé des regrets. Il aurait notamment indiqué que la consommation de chanvre indien lui permettait, selon lui, de maintenir son énergie dans l’exercice de ses activités professionnelles. La drogue concernée faisait partie d’une saisie judiciaire conservée dans l’attente de sa destruction officielle. Selon les informations recueillies, une opération d’incinération de plusieurs produits stupéfiants devait être organisée le 17 mars 2026 au Palais de justice de Libreville, sous la supervision du parquet général près la Cour d’appel et en présence de différents services spécialisés.
Dans l’immédiat, l’agent a été placé en garde à vue afin de permettre la poursuite des investigations. Il devrait être présenté devant le parquet de la République près le tribunal de première instance de Libreville le 16 mars 2026. Les autorités judiciaires devront déterminer les infractions susceptibles d’être retenues contre lui, notamment celles liées à la manipulation ou à la soustraction de scellés judiciaires ainsi qu’à la détention illégale de stupéfiants. Au-delà du cas individuel, cet épisode remet en lumière la diversité des personnels qui interviennent quotidiennement dans le fonctionnement des juridictions. Outre les magistrats, greffiers et officiers de police judiciaire, de nombreux agents techniques ou administratifs contribuent également au bon déroulement des activités judiciaires.
Par ailleurs, l’incident ravive certaines interrogations concernant les conditions de stockage et de sécurisation des objets saisis dans le cadre des procédures pénales. Plusieurs acteurs du monde judiciaire estiment en effet que les infrastructures destinées à la conservation des pièces à conviction pourraient nécessiter des améliorations afin de prévenir tout risque d’accès non autorisé.
MABITI ONASIA.
