Tensions avec les magistrats : Geoffroy Foumboula fait son mea culpa.

ONASIA MABITI

Après la polémique suscitée par certaines déclarations prononcées lors d’une audition consacrée aux crimes rituels, le 2ᵉ vice-président du Conseil économique, social, environnemental et culturel choisit de calmer les tensions. Face aux réactions indignées de la magistrature, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso a publiquement exprimé ses regrets et plaidé pour un dialogue constructif.

La controverse née autour des propos tenus par Geoffroy Foumboula Libeka Makosso semble connaître un début d’accalmie. Lors d’un point de presse organisé le vendredi 13 mars 2026, le 2ᵉ vice-président du Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC) a tenu à clarifier ses déclarations et à présenter ses excuses au corps de la magistrature. À l’origine de la polémique figure une audition organisée le 3 mars 2026 au sein du CESEC dans le cadre d’une session consacrée à la lutte contre les crimes dits rituels. Plusieurs spécialistes y avaient été conviés, notamment trois magistrats et une psychiatre, afin d’apporter un éclairage sur ce phénomène préoccupant. Durant les échanges, des analyses et témoignages ont évoqué l’existence d’une impunité persistante concernant les commanditaires de ces crimes depuis plusieurs décennies, avec des études pointant parfois l’implication de personnalités issues des sphères politiques et économiques.

C’est dans ce contexte chargé d’émotion que Geoffroy Foumboula Libeka Makosso avait pris la parole. Le responsable du CESEC affirme avoir été profondément marqué par le témoignage d’une mère ayant expliqué avoir croisé, en liberté, l’homme accusé d’avoir ôté la vie à sa fille. Sous le coup de l’émotion, il avait alors repris une analyse d’ordre psychiatrique pour dénoncer l’inhumanité de tels actes, estimant que certaines personnes impliquées dans ces réseaux relevaient d’une pathologie mentale nécessitant un internement. Cependant, la diffusion d’extraits de cette intervention sur les réseaux sociaux a rapidement suscité une vive réaction du Syndicat National de la Magistrature du Gabon (Synamag). Son président, Landry Abaga Essono, avait dénoncé des propos jugés offensants à l’endroit de la profession, estimant qu’ils portaient atteinte à l’ensemble de la corporation.

Face à la montée de la tension et aux critiques, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso a choisi de désamorcer la crise. Tout en réaffirmant sa conviction que personne ne peut rester indifférent face aux crimes de sang, il a reconnu que ses mots avaient pu blesser des magistrats exerçant leur mission avec intégrité. « Je présente mes excuses sincères à tous les magistrats, particulièrement à ceux qui accomplissent leur travail avec rigueur et dévouement », a-t-il déclaré, appelant à dépasser les malentendus pour se concentrer sur la lutte contre l’impunité.

Dans cette optique d’apaisement, une rencontre avec la direction du Synamag devrait prochainement être organisée afin de rétablir un climat de confiance et d’encourager une collaboration plus étroite entre les institutions concernées. Selon le vice-président du CESEC, seule une mobilisation collective permettra d’apporter des réponses efficaces à la problématique des crimes rituels et de renforcer la confiance des citoyens dans les institutions judiciaires.

MABITI ONASIA.

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