L’ancien président sénégalais Macky Sall entre officiellement dans la course pour diriger l’Organisation des Nations unies à partir de 2027. Soutenue par le Burundi au nom d’une dynamique africaine plus large, sa candidature relance le débat sur la place du continent dans la gouvernance mondiale.

À New York, la course pour la succession d’António Guterres commence déjà à se dessiner. Parmi les premiers noms officiellement déposés figure celui de Macky Sall. L’ancien président du Sénégal ambitionne de devenir le prochain secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, dont le mandat actuel s’achèvera le 31 décembre 2026.
L’annonce a été rendue publique le 2 mars par la porte-parole de l’Assemblée générale. Particularité de cette candidature : elle a été déposée par la République du Burundi. Un choix qui peut surprendre à première vue, mais qui répond en réalité à une stratégie diplomatique précise. Le Burundi assure actuellement la présidence en exercice de l’Union africaine et entend ainsi donner à cette initiative une portée continentale.
Derrière cette démarche se profile une revendication ancienne. Depuis plusieurs années, de nombreuses capitales africaines plaident pour qu’un ressortissant du continent prenne les rênes de l’ONU. Si l’Afrique compte plus d’un quart des États membres de l’organisation et reste au cœur de nombreuses opérations de maintien de la paix, aucun Africain n’a occupé ce poste depuis 2006.
La candidature de Macky Sall pourrait donc cristalliser cette aspiration. Ancien chef d’État durant douze ans au Sénégal, il dispose d’une expérience politique et diplomatique significative. En 2022, alors qu’il présidait l’Union africaine, il s’était notamment illustré par une intense activité diplomatique auprès du G20 et des grandes institutions financières internationales. L’objectif : plaider pour un meilleur accès des économies africaines aux financements concessionnels dans un contexte mondial marqué par la pandémie, la crise énergétique et l’alourdissement de la dette.
Reste toutefois une inconnue majeure : l’Union africaine parviendra-t-elle à dégager un consensus autour de sa candidature ? L’histoire récente montre que les ambitions continentales se heurtent souvent à des rivalités régionales et à l’émergence d’autres profils.
Car la désignation du prochain secrétaire général de l’ONU ne relève pas seulement d’un choix symbolique. Elle intervient dans un environnement international particulièrement tendu : conflits persistants, rivalités entre grandes puissances et recomposition progressive de l’ordre mondial.
Celui ou celle qui succédera à António Guterres devra naviguer dans cet équilibre fragile et redonner à l’institution multilatérale un rôle central dans la gestion des crises globales.
Pour Macky Sall, la bataille diplomatique ne fait que commencer. Mais une chose est déjà certaine : la question de la représentation de l’Afrique à la tête de l’ONU revient avec force sur la scène internationale.
REVE NGOUL-ALY
