Depuis la transition politique engagée le 30 août 2023 sous l’autorité du président de transition Brice Clotaire Oligui Nguema, les autorités multiplient les déclarations optimistes sur l’amélioration de la situation nationale. Pourtant, sur le terrain, le coût de la vie demeure l’une des principales préoccupations des ménages gabonais.

À écouter certaines interventions ministérielles sur des chaînes internationales comme France 24 ou TV5 Monde, le Gabon serait engagé sur une trajectoire de redressement rapide et tangible. Stabilité politique retrouvée, finances publiques réorganisées, confiance des partenaires internationaux réaffirmée.
Mais la question centrale reste la suivante : cette amélioration est-elle perceptible dans le quotidien des citoyens ?
Une pression constante sur les ménages
Dans les marchés populaires de Libreville, notamment à Mont-Bouët, les consommateurs constatent une réalité difficile : le panier alimentaire coûte cher. Riz, poulet, poisson, huile, légumes importés; les prix demeurent élevés et parfois instables.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation :
• forte dépendance aux importations alimentaires ;
• coûts logistiques importants ;
• fluctuations des marchés internationaux ;
• faible production locale structurée.
Pour les salariés du secteur public comme pour les travailleurs du secteur informel, les revenus n’ont pas connu d’augmentation significative proportionnelle à la hausse des prix.
Logement et transport : des charges lourdes
Le logement constitue également un poste de dépense majeur. Dans des villes comme Port-Gentil ou Libreville, les loyers restent élevés par rapport au revenu moyen. Beaucoup de familles consacrent une part importante de leurs ressources à se loger.
Le transport urbain, quant à lui, demeure irrégulier et parfois coûteux, particulièrement pour les travailleurs qui parcourent de longues distances quotidiennement.
Entre perception et réalité économique
Il est indéniable que la stabilité politique est un élément positif. Elle rassure les investisseurs et les partenaires internationaux. Cependant, la stabilité institutionnelle ne se traduit pas automatiquement par une amélioration immédiate du pouvoir d’achat.

L’enjeu pour l’exécutif en place est clair : transformer les signaux macroéconomiques en bénéfices concrets pour les ménages.
Car au final, le baromètre le plus fiable reste celui du quotidien :
Quand les familles respirent financièrement, le pays va mieux.
Sinon, le sentiment de décalage persiste.
Rebecca FUNDI
