À Libreville, la remise des subventions du Fonds de Préservation de la Biodiversité au Gabon (FPBG) a consacré une conviction forte : la protection des écosystèmes marins et littoraux n’est plus une option écologique, mais un choix stratégique de croissance durable. Dix-huit initiatives locales se partagent 763 millions de FCFA pour transformer la conservation en opportunité économique et sociale.

Il y a des cérémonies qui relèvent du protocole, et d’autres qui marquent une direction. Celle organisée autour du Fonds de Préservation de la Biodiversité au Gabon appartient à la seconde catégorie.
Dans une salle où se côtoyaient représentants du Gouvernement, partenaires techniques du PNUD Gabon, ONG environnementales et leaders communautaires, un message s’est imposé avec clarté : la mer gabonaise est un patrimoine vivant, et sa protection est désormais un investissement stratégique.
Au nom du Ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat et chargé du Conflit Homme-Faune, le Général de Brigade Mme Nina Calista SAMAKE, épouse KABOUBI, Commandant en Chef du ministère, a présidé la remise officielle des petites subventions du FPBG. Un signal politique fort, traduisant l’engagement de l’État à inscrire la biodiversité au cœur des priorités nationales.
Le chiffre parle de lui-même : 763 millions de FCFA mobilisés au profit de 18 bénéficiaires. Derrière ces montants, des projets ancrés dans les réalités locales surveillance participative des zones côtières, restauration des mangroves, valorisation durable des ressources halieutiques, sensibilisation des communautés riveraines. Autant d’initiatives qui conjuguent protection de l’environnement, création d’emplois et cohésion sociale.
Car au Gabon, deuxième poumon forestier du monde et puissance maritime discrète du golfe de Guinée, la biodiversité ne se limite pas aux forêts équatoriales. Elle s’étend aux herbiers marins, aux récifs, aux mangroves ces barrières naturelles contre l’érosion et le changement climatique. Les préserver, c’est sécuriser des moyens de subsistance, renforcer la résilience climatique et attirer des financements verts.
En confiant ces ressources à des acteurs de terrain, l’État et ses partenaires font un pari audacieux : celui de la confiance et de la responsabilisation. Les 18 récipiendaires deviennent ainsi les vigies d’un patrimoine commun, mais aussi les artisans d’une économie bleue en construction.
Au-delà des applaudissements et des photos officielles, l’enjeu est clair : faire de la conservation marine et littorale un moteur de croissance inclusive. Si ces projets tiennent leurs promesses, ils démontreront qu’au Gabon, protéger la nature n’est pas freiner le développement c’est en redéfinir le cap.
REVE NGOUL-ALY
