Refuser de contribuer mais vouloir juger: où est la cohérence ? La république a besoin de solution pas discours condescendant.

Depuis la semaine dernière, l’ancien Premier ministre du régime déchu, Alain Claude Bilie-By-Nze, multiplie les sorties médiatiques, essentiellement fondées sur des accusations, des reproches et des critiques à l’endroit de l’exécutif actuel.
Une posture qui interroge, surtout lorsqu’elle émane d’un acteur politique ayant longtemps occupé les plus hautes fonctions de l’État et participé activement à la gouvernance dont les Gabonais subissent encore aujourd’hui les conséquences.
Alain Claude Bilie-By-Nze a lui-même déclaré, je cite :
« J’ai servi le père, le fils je ne servirai pas l’aide de camp. »
Cette phrase, devenue célèbre, illustre un refus assumé de collaborer avec les nouvelles autorités issues de la transition. Dès lors, une question se pose : peut-on refuser de participer à la construction du nouveau système tout en se posant en donneur de leçons ?

La cohérence politique voudrait que celui qui décline toute implication opérationnelle s’abstienne également de juger de manière systématique la façon dont le pouvoir actuel fonctionne.
Dans une République, l’opposition n’est pas un mal en soi. Elle est même nécessaire. Mais encore faut-il qu’elle soit constructive. Critiquer depuis l’extérieur est facile. Contribuer de l’intérieur, avec courage et responsabilité, l’est beaucoup moins.
Si Alain Claude Bilie-By-Nze estime détenir des solutions, la logique républicaine aurait voulu qu’il accepte un poste ou un cadre de travail proposé afin d’apporter son expertise à la transition, au lieu de se contenter de commentaires condescendants.
Le Gabon traverse une période délicate. Le pays a besoin d’apaisement, de propositions concrètes et d’unité nationale. Les querelles d’ego et les règlements de comptes politiques ne servent ni la transition ni les citoyens.
Ce moment historique exige des acteurs politiques qu’ils dépassent leurs frustrations personnelles pour se mettre au service de l’intérêt général..Les anciens dirigeants portent une part importante de responsabilité dans l’état actuel du pays. À ce titre, leur devoir premier devrait être l’humilité, la retenue et, surtout, la contribution constructive.
Le Gabon n’a pas besoin de spectateurs bruyants.
Le Gabon a besoin de bâtisseurs.
Rebecca FUNDI.
