Ali Bongo Ondimba réaffirme sa volonté de reprendre la tête du Parti démocratique gabonais PDG, contestant la légitimité de Blaise Louembé à la tête de cette formation politique. Cette nouvelle démarche relance les interrogations sur les motivations de l’ancien chef de l’État, les conditions d’une éventuelle reprise en main du parti et sa capacité à en assurer la direction depuis l’étranger. Elle pose également la question de la position des responsables actuels du PDG face à cette revendication et des perspectives de sortie de crise au sein de cette formation politique.
Pour comprendre la revendication d’Ali Bongo Ondimba, il faut revenir sur les circonstances de la réorganisation du Parti démocratique gabonais PDG en mars 2024. L’ancien président de la République estime que les décisions prises le 7 mars de cette année-là ne signifiaient ni son départ de la présidence du parti ni un transfert définitif de ses prérogatives à une nouvelle direction. Selon ses déclarations, il aurait proposé un dispositif organisationnel ainsi que plusieurs noms pour assurer le fonctionnement du PDG, sans renoncer à ses fonctions. « Je n’avais ni démissionné, ni autorisé une direction en dehors de nos règles. Les décisions qui ont suivi ne correspondaient pas à mes instructions », affirme-t-il. Cette position constitue le fondement de sa contestation : Ali Bongo considère que les changements intervenus après cette réorganisation ne suffisent pas à remettre en cause la légitimité qu’il revendique. Toutefois, l’appréciation de cet argument suppose de confronter ses déclarations aux statuts du parti, aux décisions prises par ses instances et aux documents relatifs à la réorganisation de mars 2024.
Dans le cadre de cette revendication, Ali Bongo affirme avoir entrepris des démarches pour tenter de régler le différend avec les responsables actuels du PDG. Il indique notamment avoir invité Blaise Louembé, accompagné de deux responsables de son choix, à une rencontre à Paris au début du mois d’octobre. Selon son récit, cette initiative n’aurait pas abouti, faute de réponse de la part des personnes sollicitées. « Ils ne sont pas venus. Ils n’ont pas répondu à mon appel », déplore-t-il. Cette tentative de dialogue intervient dans un contexte de désaccord persistant sur la direction du parti et sur la validité des décisions prises depuis la réorganisation de mars 2024. En mettant en avant cette démarche, l’ancien chef de l’État présente la recherche d’une solution concertée comme une voie qu’il aurait tenté d’explorer avant de poursuivre sa contestation. Reste toutefois à connaître la version de Blaise Louembé et des responsables concernés sur cette invitation.
Dorina MBA
Suivez-nous sur facebook
Retrouvez tous nos articles ici


