Au Gabon, le transfert du patrimoine public entre l’ancienne Société d’agriculture et d’élevage du Gabon (SAEG) et la nouvelle structure AGROPAG suscite une vive controverse. Sept mois après la décision de dissolution prise en Conseil des ministres en février 2026, 14 véhicules agricoles destinés à appuyer 150 fermes avicoles à travers le pays demeurent introuvables. Face aux soupçons de rétention illégale de ce matériel roulant stratégique, les autorités administratives et financières sont sommées d’ouvrir un audit pour faire toute la lumière sur cette disparition.
Officiellement actée en Conseil des ministres le 26 février 2026, la dissolution de la SAEG devait permettre de transférer l’ensemble de ses actifs à la Société agropastorale du Gabon (AGROPAG) pour moderniser le secteur. Cependant, plusieurs mois après cette décision, le bilan du patrimoine transmis révèle de graves dysfonctionnements. Des documents publicitaires continuent d’afficher des prestations logistiques sous l’enseigne de la SAEG, suggérant qu’une partie des équipements publics échappe au contrôle de la nouvelle entité et continue de fonctionner dans un flou juridique total.
La controverse tourne autour d’un lot spécifique de 14 véhicules agricoles spécialisés, comprenant des camions frigorifiques, des bétaillères et des camions à caisse sèche. Ces engins, financés par l’État, étaient censés assurer la logistique du projet POUFA pour approvisionner 150 fermes avicoles en poussins, aliments et matériels. D’après des révélations internes, ces camions et tracteurs n’auraient jamais été remis à AGROPAG et resteraient sous le contrôle d’anciens cadres de la SAEG, bénéficiant de complicités au sein de l’administration publique.
Devant la gravité de ces accusations, la traçabilité des deniers publics devient une priorité pour les organes de contrôle de l’État. La Présidence de la République, le ministère des Finances et la Cour des comptes sont directement interpellés pour vérifier la situation exacte du parc automobile. Un inventaire contradictoire s’impose pour comparer les procès-verbaux de réception et les cartes grises des véhicules avec le matériel réellement présent sur le terrain, afin de sanctionner toute irrégularité administrative ou judiciaire.
Cette affaire dépasse le cadre d’un simple litige administratif : elle touche directement la politique de souveraineté alimentaire prônée par le gouvernement gabonais. Privées de ces moyens de transport cruciaux, les 150 fermes avicoles locales risquent de subir des ralentissements d’activité pénalisants. Pour restaurer la confiance des producteurs et garantir la bonne gouvernance des entreprises publiques, les autorités doivent impérativement clarifier le statut de ces 14 véhicules et assurer leur affectation immédiate sur le terrain.
Dorina MBA
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