À l’approche de 2026, la trajectoire de la dette publique gabonaise suscite la prudence de la Banque mondiale. Selon ses projections, l’endettement du pays pourrait se rapprocher de 80 % du PIB, alors que le gouvernement poursuit ses efforts pour redresser les finances publiques et renforcer sa capacité à maîtriser la dette.

La situation actuelle repose toutefois sur une nouvelle lecture des chiffres de l’endettement. À la suite de l’audit mené par les autorités gabonaises et de la réévaluation du produit intérieur brut, le ratio de dette a été établi à 68,91 % du PIB, contre plus de 84 % dans les précédentes estimations. Cette évolution modifie sensiblement l’appréciation du niveau d’endettement du pays, sans pour autant effacer les engagements financiers déjà accumulés par l’État. Pour le gouvernement, cette nouvelle base doit désormais servir à mieux piloter la trajectoire des finances publiques.
La Banque mondiale demeure néanmoins attentive à l’évolution de cette trajectoire. Ses projections situent à nouveau la dette souveraine gabonaise autour de 80 % du PIB à la fin de 2026, dans un contexte où les marges budgétaires restent limitées. À cette pression s’ajoute l’exposition financière des entreprises publiques, dont les engagements cumulés dépasseraient 1 000 milliards de FCFA. La Gabon Oil Company (GOC) concentre notamment une part importante de ces engagements, liés en particulier au financement d’acquisitions d’actifs pétroliers. Cette situation accroît l’exposition des finances publiques aux performances du secteur pétrolier et à l’évolution des cours du brut.

Face aux échéances de remboursement, le gouvernement gabonais cherche parallèlement à réorganiser son portefeuille de dette en mobilisant davantage les marchés obligataires. Le recours au refinancement doit notamment permettre de remplacer certaines dettes arrivant à échéance par de nouveaux emprunts et d’étaler les remboursements. Cette démarche peut alléger la pression à court terme, mais elle ne règle pas à elle seule la question de la soutenabilité de la dette. Les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) s’inscrivent ainsi dans un contexte où la maîtrise des dépenses publiques, l’amélioration des recettes et une meilleure gestion des entreprises publiques apparaissent comme des éléments déterminants pour éviter une nouvelle progression de l’endettement en 2026.
Dorina MBA
Suivez-nous sur facebook
Retrouvez tous nos articles ici


