À Port-Gentil, une initiative artisanale vient renouveler les habitudes autour de la fabrication du pain. Dans le quatrième arrondissement, un boulanger explore depuis plusieurs années l’utilisation de matières premières locales pour proposer des produits différents de ceux habituellement fabriqués à partir de farine de blé.

Une production née d’une réflexion locale
L’initiative est portée par l’artisan boulanger Guy Roger Meyo, dont l’atelier est installé au quartier Matiti, dans le quatrième arrondissement de Port-Gentil. Il y confectionne notamment du pain et des croissants à base de farine de manioc, de maïs et de patate douce.
Cette démarche ne relève pas d’une expérimentation récente. En effet, les premières réflexions autour de cette alternative ont commencé il y a environ cinq ans, dans un contexte marqué par les difficultés d’approvisionnement en farine de blé. Ainsi, l’artisan a progressivement orienté son travail vers des matières premières disponibles localement. Une démarche qui lui permet aujourd’hui d’explorer d’autres possibilités de panification tout en valorisant les ressources issues du terroir gabonais.
Au-delà de la fabrication du pain, cette initiative met en avant plusieurs produits agricoles locaux, notamment le manioc, le maïs et la patate douce. Ces matières premières sont transformées pour entrer dans la composition de produits traditionnellement associés à la farine de blé. Par conséquent, cette approche offre une alternative au modèle classique de fabrication du pain et contribue à diversifier les matières premières utilisées par les artisans boulangers. De plus, le recours à des ressources produites localement peut participer à la valorisation de l’agriculture nationale. Il permet également d’explorer des solutions face aux difficultés d’approvisionnement en produits importés, notamment lorsque celles-ci affectent la disponibilité ou le coût de la farine de blé.
En définitive, l’expérience menée par Guy Roger Meyo à Matiti illustre la possibilité de développer une boulangerie davantage tournée vers les produits locaux. Pain et croissants à base de manioc, de maïs et de patate douce témoignent ainsi d’une volonté d’adapter les pratiques artisanales aux réalités du marché et aux ressources disponibles.
La rédaction de M Plus Africa estime que ce type d’initiative pourrait contribuer à stimuler la transformation des productions agricoles gabonaises et à encourager l’émergence de nouvelles recettes à partir de matières premières locales, tout en offrant aux consommateurs davantage de diversité dans les produits de boulangerie.
endra Charlène NDAVOURA


