Le 1er octobre 2026, une proposition portée par le docteur en droit et avocat Istovant Nkoghe attire l’attention sur la place de l’expertise nationale dans la construction du Gabon. Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, le président de l’Alliance démocratique et solidaire (ADS) avance une initiative destinée à mieux organiser et valoriser les compétences intellectuelles du pays.

Une inspiration venue de l’Institut de France
Baptisé « Institut du Gabon », le projet présenté par Istovant Nkoghe s’inspire du modèle de l’Institut de France, créé en 1795. L’idée serait de mettre en place une institution regroupant cinq académies autonomes, couvrant différents champs du savoir, notamment les lettres et les sciences. En effet, À travers cette organisation, l’initiateur souhaite contribuer à une meilleure structuration des connaissances produites au Gabon. L’institution pourrait ainsi réunir des personnalités issues de différents domaines afin de favoriser la transmission, la conservation et la valorisation de l’intelligence nationale. Pour Istovant Nkoghe, l’Institut du Gabon ne devrait toutefois pas se limiter à distinguer des personnalités pour leurs parcours ou leurs contributions intellectuelles. La proposition lui assigne une fonction davantage tournée vers l’action publique. L’institution aurait notamment vocation à devenir un organe d’aide à la décision auprès de l’État. Les compétences réunies au sein des différentes académies pourraient être mobilisées pour apporter des analyses et des éclairages sur les grandes problématiques auxquelles le pays est confronté.
Cette approche placerait ainsi l’expertise gabonaise au cœur de la réflexion sur les politiques publiques. Elle pourrait également contribuer à donner davantage de visibilité aux chercheurs, universitaires, scientifiques, écrivains et autres acteurs de la production intellectuelle nationale. Derrière cette proposition se dessine donc une réflexion sur la manière dont le Gabon peut mieux utiliser ses propres ressources intellectuelles. Pour son promoteur, sanctuariser l’intelligence nationale reviendrait à créer un cadre institutionnel capable de préserver les savoirs, de stimuler l’excellence et de mettre les compétences nationales au service des enjeux de développement et de souveraineté. La proposition reste, à ce stade, celle formulée dans une lettre ouverte au chef de l’État. Sa concrétisation dépendrait donc des suites qui pourraient être données à cette initiative et des modalités institutionnelles qui seraient éventuellement retenues.
En définitive, la rédaction de M plus Africa estime que l’initiative portée par Istovant Nkoghe ouvre une réflexion sur la place de l’expertise gabonaise dans la conduite des affaires publiques. Si elle venait à être retenue, elle pourrait contribuer à faire des savoirs et des compétences nationales un levier davantage intégré aux politiques de développement, d’innovation et de souveraineté.
Kendra Charlène NDAVOURA


