L’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) intensifie ses opérations de contrôle nocturne à travers le pays pour lutter contre les activités commerciales clandestines et les manquements aux règles d’hygiène alimentaire. En collaboration avec les autorités municipales, les brigades multiplient les descentes sur le terrain afin de faire respecter les fermetures administratives et de renforcer la protection des consommateurs.

Des contrôles qui se poursuivent après la tombée de la nuit
La nuit est devenue un nouveau terrain de surveillance pour les agents de l’AGASA. Cette période, souvent marquée par une diminution des contrôles, peut favoriser la reprise clandestine d’activités commerciales pourtant interdites ou suspendues par les autorités. Les équipes de contrôle interviennent ainsi auprès des établissements qui continuent à fonctionner malgré une décision de fermeture administrative.
À Akanda, notamment dans le secteur de Beaulieu, les opérations ont permis de cibler des activités commerciales installées à l’arrière ou à proximité de commerces officiellement scellés. À Libreville, particulièrement dans le quartier de Nzeng-Ayong, les contrôleurs s’intéressent aux gargotes, échoppes improvisées et différents points de vente fonctionnant dans des conditions qui ne répondent pas toujours aux exigences sanitaires.
Les opérations concernent également l’intérieur du pays. À Moanda et Franceville, les brigades de l’AGASA effectuent des contrôles auprès des vendeurs et restaurateurs opérant durant la nuit. L’objectif est de vérifier les conditions de préparation, de conservation et de commercialisation des denrées alimentaires.
La sécurité alimentaire au cœur des interventions
Derrière cette campagne de contrôle se trouve un enjeu majeur de santé publique. Une mauvaise conservation des aliments, une rupture de la chaîne du froid, l’utilisation d’équipements inadaptés ou encore le manque d’hygiène lors de la manipulation des denrées peuvent exposer les consommateurs à différents risques sanitaires.
Les agents de l’AGASA vérifient donc plusieurs éléments au cours de leurs interventions. L’état des locaux, les conditions de stockage, la conservation des produits, la propreté des équipements ainsi que les conditions de manipulation des aliments font partie des points examinés. Les commerces présentant des manquements importants peuvent faire l’objet de mesures administratives.
La situation est particulièrement surveillée lorsque des produits interdits ou impropres à la consommation sont découverts. Pour les autorités sanitaires, l’enjeu consiste à intervenir avant que des aliments présentant un risque ne soient largement distribués à la population.
Cette politique de contrôle vise également les établissements qui contournent les décisions administratives. Un commerce frappé d’une fermeture ne devrait pas pouvoir reprendre discrètement ses activités pendant la nuit. La multiplication des contrôles nocturnes permet donc à l’AGASA de vérifier l’effectivité des mesures prises en journée.
Des sanctions et une vigilance qui doivent s’inscrire dans la durée
Face aux manquements constatés, l’AGASA peut procéder à des fermetures conservatoires lorsque les conditions d’exploitation présentent un risque pour la sécurité des consommateurs. Cette approche vise à empêcher la poursuite d’activités susceptibles de compromettre la qualité des produits alimentaires commercialisés.
Cependant, la lutte contre l’insalubrité ne repose pas uniquement sur les interventions des services de contrôle. Elle nécessite également une implication des opérateurs économiques. Le respect des normes d’hygiène, la conservation appropriée des aliments et la régularisation administrative des activités commerciales constituent des conditions essentielles pour limiter les risques sanitaires.
Pour les consommateurs, ces opérations peuvent contribuer à améliorer la sécurité des aliments disponibles dans les commerces et points de restauration. À l’inverse, la persistance des activités clandestines et des mauvaises pratiques d’hygiène peut favoriser les intoxications alimentaires, les pertes de produits et la dégradation du cadre de vie.
L’AGASA appelle ainsi les populations à rester vigilantes et à signaler les pratiques susceptibles de présenter un danger pour la santé publique. Un numéro vert gratuit, le 1411, est mis à disposition pour permettre aux citoyens de transmettre leurs signalements.
Avec cette présence renforcée sur le terrain, notamment durant les heures nocturnes, l’agence entend faire respecter davantage les règles sanitaires et rappeler aux opérateurs que les obligations en matière de sécurité alimentaire restent applicables, de jour comme de nuit.
Kendra Charlène NDAVOURA
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