AEHG : une vaste campagne pour identifier les élèves et étudiants handicapés dans le Grand Libreville

Kendra Charlène NDAVOURA

L’Association des Étudiants Handicapés du Gabon (AEHG) lance, de septembre à novembre 2026, une vaste campagne d’identification des élèves et étudiants en situation de handicap dans le Grand Libreville. L’initiative vise notamment les établissements d’enseignement, l’Université Omar Bongo (UOB) ainsi que les grandes écoles de la capitale. À travers ce recensement, l’association souhaite mieux connaître les réalités vécues par les apprenants en situation de handicap et renforcer les actions en faveur d’une éducation inclusive au Gabon.

AEHG

Mieux connaître les effectifs pour mieux défendre les droits

Au cœur de cette initiative se trouve un objectif majeur : disposer de données fiables sur le nombre d’élèves et étudiants handicapés au Gabon. Pour l’AEHG, l’absence de statistiques suffisamment précises constitue un obstacle lorsqu’il s’agit de défendre les droits et les intérêts de cette catégorie d’apprenants auprès des pouvoirs publics.

La campagne doit ainsi permettre de recenser les personnes concernées et de mieux comprendre leur répartition dans les établissements scolaires et universitaires du Grand Libreville. Ces informations pourront servir de base aux actions de plaidoyer auprès des institutions et de l’État.

L’un des principaux avantages de cette démarche réside dans la constitution d’une base statistique plus fiable. Celle-ci pourrait faciliter la mise en place de politiques éducatives davantage adaptées aux réalités des personnes en situation de handicap, aussi bien dans l’enseignement secondaire que dans l’enseignement supérieur.

Identifier les besoins spécifiques des apprenants

Au-delà du simple décompte, l’identification des élèves et étudiants handicapés doit permettre de mieux cerner leurs besoins. L’AEHG souhaite notamment prendre en compte différentes situations de handicap, qu’elles soient motrices, visuelles, auditives, intellectuelles ou psychosociales.

Cette connaissance des besoins constitue un avantage important de la campagne. Elle peut contribuer à améliorer les conditions d’apprentissage et à favoriser la mise en place d’un accompagnement pédagogique et académique adapté.

Pour un élève confronté à des difficultés d’accessibilité, de communication ou d’apprentissage, une meilleure identification de sa situation peut faciliter la recherche de solutions appropriées. Au niveau universitaire, elle peut également permettre de mieux prendre en compte les difficultés liées à l’orientation, aux déplacements, au logement ou encore à l’accès aux services sociaux.

La démarche entend ainsi contribuer à lutter contre la mauvaise orientation et le décrochage scolaire. Un accompagnement adapté dès le parcours scolaire peut favoriser la continuité des études et faciliter ensuite l’accès à l’enseignement supérieur.

Vers une éducation et une université davantage inclusives

La campagne intervient également dans un contexte où la question des droits sociaux des apprenants en situation de handicap occupe une place importante. Parmi les préoccupations figurent notamment l’accès aux infrastructures adaptées, la prise en charge des frais de scolarité et l’accès aux différents services d’accompagnement.

Dans l’enseignement supérieur, l’AEHG s’intéresse notamment aux récents engagements du Centre National des Œuvres Universitaires (CNOU) concernant l’accès prioritaire aux logements universitaires pour les étudiants en situation de handicap. Une meilleure identification des bénéficiaires peut contribuer à rendre ces dispositifs plus opérationnels.

L’initiative présente également un intérêt pour les établissements scolaires. En connaissant mieux les effectifs et les besoins des élèves concernés, les responsables peuvent davantage réfléchir à l’accessibilité des infrastructures, aux conditions d’apprentissage et aux dispositifs d’accompagnement.

À terme, l’objectif affiché par l’AEHG est de contribuer à la construction d’un système éducatif dans lequel le handicap ne constitue pas un frein à la formation. Le recensement pourrait ainsi servir de point de départ à une meilleure adaptation des politiques d’accompagnement, des infrastructures et des services éducatifs.

Avec cette opération prévue jusqu’en novembre 2026, l’AEHG entend donc poser les bases d’une meilleure connaissance de la situation des élèves et étudiants en situation de handicap dans le Grand Libreville. Au-delà des chiffres, l’enjeu est de transformer ces données en actions concrètes afin de favoriser l’égalité des chances, limiter le décrochage et renforcer l’inclusion dans le système éducatif gabonais.

Kendra Charlène NDAVOURA

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