Assemblée nationale : Michel Régis Onanga Ndiaye clôture la session parlementaire en appelant à une Ve République fondée sur la rigueur et la responsabilité

REBECCA FUNDI

En clôturant, ce 30 juin 2026, la première session ordinaire de l’Assemblée nationale, le président de l’institution, Michel Régis Onanga Ndiaye, a dressé le bilan de quatre mois d’activité législative et de contrôle de l’action gouvernementale. Tout en saluant les réformes engagées par l’exécutif, il a rappelé le rôle du Parlement dans l’équilibre des pouvoirs, appelant le Gouvernement à respecter davantage les procédures législatives et les recommandations des députés.

Assemblée nationale

Un bilan législatif marqué par l’adoption de textes structurants

Conformément aux dispositions de l’article 85 de la Constitution du 19 décembre 2024, l’Assemblée nationale a officiellement clos sa première session ordinaire. Dans son allocution, Michel Régis Onanga Ndiaye a indiqué que les députés avaient examiné 33 textes, dont 23 ont été adoptés, couvrant des domaines stratégiques tels que les finances publiques, la justice, la communication, la réglementation des réseaux sociaux, le foncier, la nationalité, la santé publique, les jeux de hasard ou encore la lutte contre le tabagisme.

Le président de l’Assemblée a estimé que ces réformes traduisent la volonté des pouvoirs publics de « bâtir, réparer, protéger et prévenir », en dotant le pays d’un cadre juridique adapté aux défis de la Ve République.

Le contrôle de l’action gouvernementale réaffirmé

Au-delà de la production législative, Michel Régis Onanga Ndiaye a rappelé que le Parlement avait pleinement exercé sa mission constitutionnelle de contrôle de l’action gouvernementale. La séance de questions orales adressées aux membres du Gouvernement a été présentée comme un exercice essentiel de redevabilité, permettant aux députés d’interroger l’exécutif sur la conduite des politiques publiques. Le président de l’Assemblée a insisté sur le fait que la collaboration entre le Gouvernement et le Parlement ne devait jamais remettre en cause l’indépendance de l’institution législative.

« La collaboration n’est pas synonyme de renoncement », a-t-il déclaré, rappelant que le respect des procédures constitue « le garde-fou de la démocratie ».

Une mise en garde adressée au Gouvernement

L’un des temps forts du discours a porté sur la qualité des textes transmis au Parlement. Michel Régis Onanga Ndiaye a dénoncé les insuffisances relevées dans plusieurs projets d’ordonnances, évoquant des dossiers incomplets, l’absence de certaines pièces obligatoires ainsi que des retards ayant perturbé le calendrier législatif. Il a demandé au Gouvernement de respecter strictement les procédures prévues par le décret réglementant l’élaboration et la transmission des textes, tout en annonçant que les services de l’Assemblée nationale ne recevraient désormais plus les projets non conformes. Le président de l’institution a également appelé à un usage plus mesuré des ordonnances, rappelant que cet instrument juridique devait rester réservé aux situations présentant un véritable caractère d’urgence.

Les recommandations parlementaires érigées en outil d’évaluation

Autre message fort : les recommandations formulées par les députés à l’issue de l’examen des textes devront désormais faire l’objet d’un suivi rigoureux. Michel Régis Onanga Ndiaye a indiqué qu’elles constitueraient un véritable indicateur d’évaluation des politiques publiques lors de la prochaine session parlementaire. Des missions de contrôle seront ainsi organisées afin de vérifier leur mise en œuvre effective par les administrations concernées. Selon lui, voter une loi sans s’assurer de son application reviendrait à trahir la confiance des citoyens.

Des avancées saluées, mais des attentes toujours fortes

Le président de l’Assemblée nationale a salué plusieurs engagements déjà concrétisés par le chef de l’État, notamment le remboursement des épargnants de Poste S.A., le paiement de la troisième tranche des rappels de solde des agents publics, la modernisation des infrastructures routières, la digitalisation du permis de conduire ou encore les efforts engagés dans la lutte contre la fraude fiscale. Toutefois, il a rappelé que les préoccupations des Gabonais demeurent nombreuses. Pouvoir d’achat, chômage des jeunes, insécurité, accès à l’eau potable et à l’électricité restent, selon lui, les principaux défis auxquels le Gouvernement devra répondre avec davantage de célérité. À ce sujet, il a invité l’exécutif à intensifier ses efforts afin d’apporter des solutions durables à ces préoccupations du quotidien.

Une diplomatie parlementaire en pleine relance

Le président de l’Assemblée nationale s’est également félicité du retour du Parlement gabonais sur la scène parlementaire internationale. Il a rappelé la participation de la représentation nationale aux travaux du Parlement panafricain, de l’Union interparlementaire, de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie et du Parlement de la CEMAC. Ces différentes rencontres ont notamment permis au Gabon de retrouver son statut au sein des organisations interparlementaires et d’obtenir plusieurs programmes de coopération en faveur du renforcement des capacités des députés et du personnel parlementaire.

Une Ve République placée sous le signe de la responsabilité

Michel Régis Onanga Ndiaye a invité les députés à poursuivre leur mission avec davantage de rigueur, tout en appelant les médias à exercer leur rôle dans le respect de la vérité et de l’intérêt général.

Pour le président de l’Assemblée nationale, la réussite de la Ve République repose sur une exigence partagée : celle d’institutions fortes, respectueuses de leurs compétences respectives et résolument tournées vers le service des citoyens.

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Rebecca FUNDI

 

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