À l’occasion des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, le Gabon a porté une vision ambitieuse : faire du Bassin du Congo un moteur de croissance durable et souverain pour l’Afrique.

Une nouvelle orientation stratégique
Sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, le Gabon entend redéfinir le rôle du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo.
En marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, le chef de l’État a défendu une vision claire : transformer ce vaste espace écologique en véritable levier économique. Le Bassin du Congo, longtemps perçu comme une simple réserve naturelle, est désormais présenté comme un atout stratégique pour le développement du continent.
L’un des axes majeurs de cette nouvelle dynamique repose sur un changement de paradigme. Il ne s’agit plus seulement de protéger, mais aussi de valoriser.
Le Gabon défend ainsi la nécessité de monétiser les services écosystémiques, notamment :
- le stockage du carbone
- la préservation de la biodiversité
- les fonctions climatiques des forêts
L’objectif affiché est clair : utiliser ces ressources naturelles pour financer des infrastructures essentielles telles que les routes, les écoles ou encore les hôpitaux.
Des exigences posées aux partenaires internationaux
Face aux bailleurs internationaux, le Gabon a exprimé des attentes précises.
Parmi elles : une rémunération plus juste des services environnementaux, un accès direct aux financements climat pour les États africains, le développement de projets concrets et rentables pour les populations
Cette position traduit une volonté de rééquilibrer les relations dans le financement de la lutte contre le changement climatique.
Vers une souveraineté économique verte
Au-delà du Gabon, cette vision s’inscrit dans une dynamique régionale.
Le Fonds Bleu est présenté comme un outil de coopération entre les pays d’Afrique centrale, avec pour ambition de bâtir une souveraineté économique fondée sur les ressources naturelles. L’enjeu est de concilier écologie et développement, sans opposer protection de l’environnement et croissance économique.
Une diplomatie climatique affirmée
À travers cette prise de position, le Gabon renforce son rôle dans la diplomatie climatique africaine. Le message est clair : l’Afrique ne veut plus être uniquement un espace de conservation, mais un acteur économique à part entière dans la transition écologique mondiale.
Avec cette nouvelle orientation, le Gabon cherche à transformer un atout écologique en levier de développement. Reste désormais à concrétiser cette vision, en traduisant les ambitions en projets réels et en bénéfices tangibles pour les populations.
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Rebecca FUNDI


