LEBAMBA : UNE VENDEUSE DE MANIOC FACE À LA JUSTICE POUR SORCELLERIE; LE VERDICT LE 4 JUIN

REBECCA FUNDI

Mouila  Le tribunal de première instance de Mouila a mis en délibéré au 4 juin le sort de Valentine Ngombo, une commerçante de Lebamba poursuivie pour sorcellerie présumée après la découverte d’un corps étranger dans un bâton de manioc. Le parquet a requis deux ans ferme.

LE VERDICT

L’affaire défraie la chronique dans le sud du Gabon depuis la mi-mai. Une vendeuse de manioc du marché de Lebamba se retrouve aujourd’hui dans le box des prévenus, accusée de pratiques de sorcellerie et de trouble à l’ordre public. Le tribunal de Mouila, qui a examiné le dossier ce jeudi, rendra son verdict le 4 juin prochain.

Des excréments dans le manioc, une enquête ouverte

Tout commence le 14 mai dernier. Une restauratrice, identifiée par les seules initiales S.M.D., effectue ses achats habituels au marché de Lebamba. De retour chez elle, sa domestique fait une découverte pour le moins troublante : un corps étranger des excréments, selon les éléments présentés à l’audience dissimulé à l’intérieur de l’un des bâtons de manioc acquis auprès de Valentine Ngombo. L’alerte est donnée, une enquête ouverte, et la commerçante placée en détention dès le soir même.

Deux ans ferme requis

Incarcérée depuis le 14 mai, Valentine Ngombo a comparu ce jeudi devant le tribunal de première instance de Mouila. Le ministère public n’a pas fait dans la demi-mesure : le parquet a requis une peine de cinq ans d’emprisonnement, dont deux ans ferme et trois ans avec sursis, assortie d’une amende pouvant atteindre 100 000 FCFA.

Le procureur a en outre sollicité une interdiction d’exercer toute activité commerciale pendant un an, en s’appuyant sur les dispositions de l’article 210 du Code de procédure pénale. La prévenue encourt, au maximum, cinq ans de prison pour les chefs de prévention retenus contre elle.

Entre droit pénal et croyances populaires

L’affaire illustre une réalité judiciaire bien connue au Gabon : les tribunaux sont régulièrement saisis de litiges où se mêlent faits matériels et accusations de sorcellerie. Si la découverte d’un corps étranger dans un aliment relève objectivement du droit sanitaire et pénal, la qualification retenue  pratique présumée de sorcellerie  témoigne de la place encore centrale qu’occupent ces croyances dans le traitement judiciaire de certains conflits de voisinage ou de commerce.

Le tribunal de Mouila tranchera le 4 juin. D’ici là, Valentine Ngombo reste derrière les barreaux, dans l’attente d’un délibéré qui s’annonce très suivi dans la région.

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Mr KOYA

Agence gabonaise de presse (AGP)

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