Le président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, a dénoncé la lenteur du processus de décentralisation lors d’une réunion à Libreville ce jeudi 16 octobre 2026. Face aux contraintes financières et aux retards de digitalisation qui freinent l’action des collectivités locales, le chef de l’État a sommé le nouveau gouvernement d’accélérer les réformes administratives pour obtenir des résultats concrets sur le terrain.

Bien qu’un cadre juridique spécifique ait été mis en place depuis le 30 août dernier, la concrétisation de la décentralisation sur le territoire national continue d’accuser d’importants retards. Lors de sa récente intervention devant l’équipe gouvernementale à Libreville, le président de la République a dressé un constat lucide quant à l’impact limité des textes réglementaires actuels. Sur le terrain, la concrétisation des compétences transférées aux communes et départements se heurte à de multiples contraintes structurelles. L’insuffisance des mécanismes d’accompagnement financier empêche de nombreuses municipalités et conseils départementaux de fonctionner de manière autonome. Paralysées par un manque récurrent de ressources propres, ces structures locales peinent à répondre aux sollicitations directes des populations et à assurer la continuité des services publics de proximité. Face à cette situation de stagnation, le chef de l’État a fermement souligné la nécessité d’abandonner l’approche purement théorique ou juridique pour s’orienter vers des actions pragmatiques. L’objectif affiché consiste à lever au plus vite les verrous administratifs afin que la gouvernance locale devienne une réalité tangible sur l’ensemble du territoire gabonais.
Pour remédier à ces blocages récurrents, l’exécutif mise largement sur la modernisation des outils de travail de l’administration publique. La transformation numérique est ainsi présentée comme le levier central pour redynamiser la gestion des collectivités territoriales et accroître leur efficacité opérationnelle. Au cœur de cette stratégie figure la dématérialisation complète des processus de collecte des recettes publiques. En automatisant la perception des taxes et impôts locaux, le gouvernement entend améliorer la traçabilité des flux financiers et lutter contre les déperditions de ressources. Cette approche permettra de mieux suivre l’effort budgétaire, de renforcer la mobilisation des fonds publics et d’offrir une plus grande marge de manœuvre financière aussi bien à l’État central qu’aux autorités locales. Au-delà de la seule dimension fiscale, la digitalisation vise à simplifier l’ensemble des démarches administratives locales. En facilitant l’accès des citoyens aux documents et prestations administratives de base, la modernisation technologique doit contribuer à installer une gouvernance publique plus transparente, rapide et accessible à tous.
La mise en application de ces directives stratégiques incombe au premier chef au nouveau ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Edgar Moukoumbi. Récemment installé dans ses fonctions, le membre du gouvernement hérite d’une feuille de route exigeante, axée sur la concrétisation rapide du transfert de compétences et de moyens. Le ministre est attendu sur la mise en œuvre de solutions concrètes permettant d’accroître les capacités opérationnelles des entités décentralisées. Il lui revient d’élaborer des mécanismes capables de réduire le fossé entre l’administration centrale et les citoyens vivants à l’intérieur du pays. Par cette mise au point ferme, Brice Clotaire Oligui Nguema replace la décentralisation au centre des priorités stratégiques de son mandat, réaffirmant que l’efficacité globale de l’action publique dépend de la capacité des institutions à mener à bien cette transition vers une gestion déconcentrée et autonome.
Dorina MBA
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