À Abidjan, lors du Forum des bâtisseurs de l’économie africaine, l’ancienne présidente de la Cour constitutionnelle du Gabon et présidente de l’Université Internationale de Libreville-Berthe et Jean, Marie-Madeleine Mborantsuo, a porté un message centré sur le rôle stratégique de l’éducation dans le développement du continent. Pour elle, former les élites africaines ne relève pas uniquement d’un enjeu académique, mais constitue un acte de souveraineté, de transmission de la mémoire et de construction de l’avenir du continent.

L’éducation au cœur de la souveraineté africaine
Face aux mutations économiques, technologiques et géopolitiques, Marie-Madeleine Mborantsuo estime que l’Afrique doit renforcer sa capacité à produire ses propres savoirs et à former ses futurs décideurs sur le continent. Selon la vision défendue à Abidjan, l’université ne doit plus être perçue comme un simple lieu de délivrance de diplômes, mais comme un espace de réflexion, d’innovation et de production intellectuelle capable d’accompagner les transformations économiques et institutionnelles africaines.
Une université pensée comme laboratoire d’idées
Au centre de cette ambition figure l’Université Internationale de Libreville-Berthe et Jean, présentée comme un établissement appelé à concilier excellence académique, innovation sociale et ouverture internationale. Le projet met l’accent sur une formation en adéquation avec les réalités africaines, tout en répondant aux standards internationaux de l’enseignement supérieur. L’objectif est de former des diplômés capables de contribuer directement au développement de leurs pays et du continent.
Former sans renoncer à son identité
L’un des axes majeurs du discours repose sur la valorisation de la mémoire africaine. Pour Marie-Madeleine Mborantsuo, l’enseignement supérieur doit également transmettre les références historiques, culturelles et intellectuelles propres au continent. Cette approche vise à renforcer la confiance des nouvelles générations tout en leur donnant les outils nécessaires pour évoluer dans un environnement mondialisé.
Un enjeu qui dépasse le cadre universitaire
Au-delà de la création d’établissements d’enseignement supérieur, cette réflexion relance le débat sur le financement des universités africaines, la qualité de la recherche scientifique, l’employabilité des diplômés et la capacité des institutions à accompagner les politiques publiques. Dans un contexte où de nombreux États africains cherchent à accélérer leur développement, l’investissement dans le capital humain apparaît de plus en plus comme un facteur déterminant de compétitivité et de souveraineté.
À Abidjan, Marie-Madeleine Mborantsuo a défendu une vision ambitieuse de l’enseignement supérieur : celle d’une Afrique qui construit elle-même ses savoirs, forme ses élites et affirme sa souveraineté intellectuelle. Au-delà du discours, le défi reste désormais de traduire cette ambition en politiques éducatives durables, capables de répondre aux attentes des jeunes générations et aux besoins du développement du continent.
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Rebecca FUNDI


