Un diplomate gabonais aux commandes de l’ONU en Afrique centrale

Lauraine

Le secrétaire général des Nations unies a confié l’intérim du Bureau régional pour l’Afrique centrale (UNOCA) à un diplomate gabonais chevronné. Une nomination stratégique dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et politiques persistants.

C’est un retour aux premières lignes diplomatiques pour l’un des visages les plus expérimentés du multilatéralisme africain. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a désigné le Gabonais Parfait Onanga-Anyanga comme son représentant spécial par intérim en Afrique centrale et chef du Bureau régional des Nations unies pour l’Afrique centrale (UNOCA).

Cette nomination intervient à la fin du mandat du Nigérien Abdou Abarry, après trois années passées à la tête de cette institution stratégique basée à Libreville. En attendant une confirmation définitive ou la désignation d’un nouveau responsable, c’est donc un diplomate aguerri qui prend la barre dans une région où les équilibres restent fragiles.

Avec près de trois décennies d’expérience aux niveaux national, régional et international, le diplomate gabonais incarne la continuité et la maîtrise des dossiers complexes. Entré au sein du système onusien il y a 28 ans, il a occupé des fonctions de tout premier plan, notamment comme représentant spécial auprès de l’Union africaine, basé à Addis-Abeba. Avant cela, il avait dirigé la mission des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA) et le Bureau des Nations unies pour la Corne de l’Afrique au Kenya.

Son parcours porte l’empreinte des terrains sensibles. Il a coordonné la réponse des Nations unies face à la menace de Boko Haram et piloté la mission onusienne au Burundi entre 2012 et 2014, à une période de fortes tensions politiques. À chaque étape, une même constante : la gestion de crises où diplomatie et fermeté doivent cohabiter.

À la tête de l’UNOCA, il aura la lourde responsabilité d’assurer le suivi politique et sécuritaire des onze États d’Afrique centrale, parmi lesquels la République démocratique du Congo et la Centrafrique, deux pays régulièrement confrontés à des cycles d’instabilité.

Reste une inconnue logistique et symbolique : exercera-t-il pleinement depuis Libreville, siège officiel de l’UNOCA, ou continuera-t-il à partager ses responsabilités avec Addis-Abeba ?

Au-delà de cette interrogation, cette nomination place, une fois de plus, un diplomate gabonais au cœur des grands équilibres continentaux. Une reconnaissance internationale qui confirme le poids croissant des profils africains dans la gouvernance multilatérale.

REVE NGOUL-ALY

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