TROP DE TAXIS, TERRAIN SEC : LA CRISE SILENCIEUSE DES CHAUFFEURS AU GABON.

ONASIA MABITI

À force de multiplier les taxis sans élargir la clientèle, le secteur du transport urbain au Gabon s’asphyxie et les recettes des chauffeurs chutent dangereusement.

Au Gabon, le problème n’est plus le manque de taxis, mais leur surnombre. Dans les grandes villes, les rues sont saturées, les stations débordent et les carrefours sont envahis de véhicules en quête de clients. Pourtant, malgré cette forte présence, les recettes diminuent. Là où certains chauffeurs pouvaient espérer gagner près de 50 000 FCFA par jour, beaucoup peinent désormais à atteindre la moitié. Sur le terrain, un constat revient avec insistance : « le terrain est sec ».

Cette situation s’explique par une réalité économique simple : l’offre dépasse largement la demande. Le nombre de taxis a considérablement augmenté ces dernières années, sans que le volume de clients ne progresse au même rythme. Chaque nouveau véhicule devient un concurrent direct pour les autres. Résultat : plus d’attente, moins de rotations, davantage de carburant consommé pour un chiffre d’affaires en baisse. Le marché se fragmente, et chacun récupère une part plus petite d’un même gâteau.

Derrière cette baisse de recettes se cache une réalité sociale préoccupante. Être taximan, c’est souvent faire vivre une famille entière. Lorsque les revenus quotidiens chutent, ce sont les loyers, la scolarité des enfants, l’entretien du véhicule et les remboursements de crédits qui deviennent difficiles à assumer. Beaucoup parlent d’une activité qui n’est plus stable, mais incertaine, où chaque journée dépend du hasard des courses.

La question qui se pose désormais est celle de la régulation et de l’organisation du secteur. Peut-on continuer à augmenter le nombre de taxis sans réfléchir à l’équilibre du marché ? La modernisation du transport est nécessaire, mais elle doit s’accompagner d’une vision économique claire. Sans encadrement, la multiplication des véhicules risque de transformer un métier autrefois rentable en une simple lutte quotidienne pour survivre.

MABITI ONASIA.

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