Le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a décidé de mettre fin au contrat du Français Jean-Charles Solon, qui dirigeait depuis 13 ans le système stratégique d’interception des communications de la présidence. Pour la première fois, un haut cadre gabonais, le général Bernard Gnamankala, prend les rênes de cette structure sensible, marquant une étape vers une souveraineté renforcée dans le domaine du renseignement.

Le chef de l’État gabonais a annoncé le 10 mars 2026 la fin de la mission de Jean-Charles Solon, expert français à la tête du dispositif d’écoute et d’interception électronique de la présidence depuis plus d’une décennie. Cette décision, rapportée par Africa Intelligence, s’inscrit dans le cadre d’une réorganisation globale des services de sécurité et du renseignement du pays.
Pour lui succéder, Brice Clotaire Oligui Nguema a choisi le général Bernard Gnamankala, un officier supérieur de police reconnu pour sa longue carrière au sein des services de renseignement gabonais. Ancien directeur de la DGDI et secrétaire permanent adjoint du Conseil national de sécurité, il bénéficie d’une solide expérience nationale et internationale, notamment à la FBI National Academy et auprès de la Direction générale de la sécurité intérieure en France. Cette nomination marque la première fois qu’un Gabonais prend la direction du Silam, héritier du Cedoc et responsable de la collecte et de l’analyse des informations stratégiques liées à la sécurité nationale. Ce changement traduit la volonté de l’État de renforcer la maîtrise locale des outils sensibles tout en poursuivant une coopération structurée avec les partenaires étrangers, notamment la France.
Pendant treize ans, Jean-Charles Solon avait assuré la supervision technique du dispositif, un rôle qui avait permis à la France de maintenir une position stratégique sur certains enjeux, comme le développement des câbles télécoms sous-marins en Afrique centrale. Avec le général Gnamankala, Brice Clotaire Oligui Nguema souhaite désormais combiner souveraineté nationale et partenariat international, posant les bases d’une nouvelle ère pour le renseignement gabonais.
MABITI ONASIA.
