Marché Mont-Bouët : une décision municipale qui enflamme le cœur économique de Libreville

REBECCA FUNDI

 Libreville, la réduction des horaires d’activité au Marché Mont-Bouët provoque une vive contestation des commerçants, qui dénoncent une mesure pénalisante et des pratiques jugées illégales.

Un climat de tension autour d’une décision municipale

Le Marché Mont-Bouët, considéré comme le principal centre d’échanges commerciaux de la capitale gabonaise, traverse actuellement une zone de fortes turbulences. À l’origine de cette agitation : une décision prise par la municipalité de Libreville imposant la fermeture des activités marchandes à 17h30.

Cette mesure, annoncée dans un communiqué officiel en date du 10 mars 2026 par le maire Pierre Matthieu Obame Etoughe, s’appuie sur une réglementation antérieure. Elle prévoit des sanctions, notamment des amendes et des saisies, en cas de non-respect.

Des commerçants en colère face à un horaire jugé inadapté

Sur le terrain, la décision passe mal. Les commerçants, regroupés notamment au sein d’organisations syndicales et associatives, dénoncent une disposition qu’ils estiment en décalage total avec leurs réalités économiques.

Selon eux, la tranche horaire supprimée correspond à une période stratégique, marquée par l’affluence des clients en fin de journée, notamment les travailleurs sortant des bureaux. Réduire l’activité d’une heure entraînerait ainsi une baisse significative des revenus, dans un contexte déjà difficile pour de nombreuses familles.

Des accusations graves visant certaines pratiques

Au-delà de la question des horaires, la contestation met en lumière des accusations plus préoccupantes. Des responsables syndicaux évoquent l’existence de prélèvements informels opérés par certains agents municipaux.

Ils dénoncent des montants perçus largement supérieurs aux taxes officielles, sans justificatifs délivrés. Une situation qualifiée de dérive grave, qui porterait préjudice à la fois aux commerçants et aux finances publiques.

Un appel direct au sommet de l’État

Face à l’absence de réaction des autorités municipales, les représentants des commerçants ont décidé de hausser le ton. Des actions de mobilisation ont été engagées au sein du marché pour alerter l’opinion.

Ils sollicitent désormais l’intervention du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, afin de rétablir un climat de confiance et d’ouvrir un dialogue constructif entre les différentes parties.

Une situation sous haute surveillance

Alors que la grogne continue de s’intensifier, la situation au Marché Mont-Bouët pourrait évoluer vers un mouvement de contestation plus large. L’issue dépendra en grande partie de la capacité des autorités à apaiser les tensions et à répondre aux préoccupations exprimées.

Dans ce contexte, l’avenir du climat social dans la capitale reste incertain, suspendu à d’éventuelles mesures d’apaisement.

Victoire ONASIA

Share This Article