Si le conflit au cœur du Moyen-Orient venait à s’intensifier, ses répercussions pourraient dépasser la région : flambée des prix du pétrole, inflation mondiale et impact sur le quotidien des Gabonais.

La guerre en Iran a été déclenchée fin février 2026 par des frappes militaires menées par les États-Unis et Israël contre des installations militaires et nucléaires. L’Iran a riposté par des attaques de missiles et de drones sur des bases alliées dans la région, tandis que la mort du guide suprême iranien a intensifié les tensions, ravivant la crainte d’une escalade durable du conflit. Le principal point d’inquiétude pour l’économie mondiale reste le Détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près de 20 % du pétrole consommé dans le monde. Toute perturbation prolongée pourrait provoquer une hausse des prix du pétrole et du gaz, ralentir la croissance mondiale, déstabiliser les marchés financiers et entraîner des retards dans le commerce international.

Pour le Gabon, fortement dépendant des hydrocarbures, la guerre en Iran pourrait avoir des conséquences économiques directes et contrastées. À court terme, la hausse probable des prix du pétrole sur les marchés mondiaux pourrait augmenter les revenus pétroliers du pays, dont le pétrole représente environ 50 % du PIB, 60 % des recettes fiscales et près de 80 % des exportations totales. En 2024, le Gabon a produit en moyenne 215 000 barils par jour (soit 84 millions de barils sur l’année) et possède des réserves prouvées d’environ 2 milliards de barils, tandis que le pétrole brut constitue 67 % des exportations. Ces revenus pourraient temporairement soutenir l’économie, mais les perspectives à moyen terme restent incertaines.
En revanche, l’inflation mondiale et la hausse des coûts de l’énergie pourraient peser sur le pouvoir d’achat des Gabonais et sur les prix des produits importés, tandis que l’incertitude internationale pourrait freiner les investissements étrangers et ralentir les projets économiques stratégiques. Si le conflit venait à s’intensifier ou à s’étendre, les conséquences pourraient dépasser le secteur énergétique, entraînant une inflation accrue, un ralentissement économique général et une instabilité financière compliquant la gestion nationale. Le secteur pétrolier restant le pilier de l’économie gabonaise, la vigilance et la préparation seraient essentielles pour protéger les finances publiques et atténuer les effets d’une crise énergétique mondiale.
BOUANGA Julhia.
