Gabon : fin de détentions illégales pour des prisonniers oubliés du système judiciaire et défi de la réinsertion.

REBECCA FUNDI

Libération de prisonniers en situation irrégulière, respect des droits de l’homme et une justice équitable pour tous. Mais qu’est ce  qui se passe après leur sortie de prison? C’est là que se pose le vrai problème. Une Réinsertion difficile ou quasiment inexistante. 

Mardi 17 Mars à Libreville, 274 détenus ont été remis en liberté. Cette situation fait beaucoup parler dans l’opinion publique : pourquoi ces prisonniers sont-ils libérés, et surtout, que deviennent-ils une fois dehors ?

La principale raison de ces libérations est leurs détentions juridiquement abusives.

Surtout dans un contexte où le système judiciaire gabonais se veut être redressé, les autorités ont décidé d’agir et ces libérations concernent  : ceux qui avaient dépassés le délais de détention provisoire  en d’autres terme déférés sans être jugés et d’autres toujours incarcérés après avoir purgé leurs peines. 

Mais une fois sortis de prison, une autre question se pose : que deviennent réellement ces anciens détenus ?

La réinsertion reste l’un des plus grands défis après leurs remises en liberté . Beaucoup d’anciens prisonniers se retrouvent confrontés à plusieurs obstacles : difficulté à trouver un emploi, rejet social ou absence de soutien familial et c’est un fait. Certaines associations et ONG tentent d’accompagner ces personnes en organisant des programmes de réinsertion et de formation, afin de leur permettre de reprendre une vie normale. 

Cependant, dans la réalité, la situation est souvent plus complexe. Sans véritable accompagnement ,certains anciens détenus peuvent se retrouver sans ressources ni perspectives, ce qui augmente le risque de récidive. D’ailleurs, dans certains quartiers de Libreville, des habitants ont déjà exprimé leurs inquiétudes face à la libération massive de détenus, craignant une hausse de l’insécurité dans nos quartiers .

Entre volonté du respect des droits de l’homme et nécessité de maintenir la sécurité publique, les autorités gabonaises doivent donc relever un double défi : avoir une justice juste pour tous en assurant une véritable réinsertion des anciens détenus.

Car au-delà de la libération elle-même, la question essentielle reste celle-ci : que devient un prisonnier une fois la porte de la prison refermée derrière lui ?

Marie-Celine Naïma AKANDA

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