Le Gabon parle d’émergence, mais laisse ceux qui forment ses élites croupir dans la précarité la plus totale.

Le Gabon, comme le reste du monde, affirme vouloir bâtir un avenir fondé sur le savoir, la compétence et l’excellence. Pourtant, dans la réalité, ceux qui sont chargés de former les élites de demain les enseignants sont parmi les travailleurs les plus négligés et les plus précarisés.
Comment comprendre qu’un pays qui prétend investir dans l’éducation laisse ses enseignants vivre dans des conditions proches de l’indigence, pendant que certains agents de ministères bénéficient de primes exorbitantes sans réel impact sur la productivité nationale ?

L’enseignant est le socle de toute société moderne. Il façonne les consciences, transmet les valeurs, construit les compétences. Sans lui, il n’y a ni médecins, ni ingénieurs, ni magistrats, ni dirigeants.
Pourtant, au Gabon, nombreux sont les enseignants qui peinent à subvenir aux besoins élémentaires de leurs familles. Salaires insuffisants, arriérés, absence de primes motivantes, conditions de travail déplorables : le tableau est sombre.
Pendant ce temps, dans certains ministères, des agents perçoivent des primes élevées, parfois sans lien clair avec la performance ou les résultats.
Le problème n’est pas seulement le faible salaire des enseignants. Il réside aussi dans l’énorme déséquilibre entre les secteurs.
Comment justifier qu’un enseignant, garant de l’avenir intellectuel du pays, gagne moins qu’un agent administratif dont l’impact sur la transformation nationale est limité ?
Cette situation traduit un mauvais système de priorisation. Le Gabon semble récompenser davantage la bureaucratie que la transmission du savoir.

Un enseignant démotivé ne peut pas former des élites performantes.
Un enseignant affamé ne peut pas donner le meilleur de lui-même.
À long terme, c’est toute la qualité du système éducatif qui s’effondre, et avec elle les chances de développement du pays.
Ce qui doit changer
Il est urgent de :
• Revaloriser significativement les salaires des enseignants
• Rééquilibrer la grille salariale de la fonction publique
• Réviser les systèmes de primes injustifiés
• Mettre l’éducation au sommet des priorités nationales
Investir dans l’enseignant, c’est investir dans l’avenir du Gabon.
Rebecca FUNDI.
