Droits humains au Sénégal : l’ONU appelle à retirer la loi durcissant les peines contre les relations homosexuelles

REBECCA FUNDI

Le Haut‑commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, s’est dit “profondément préoccupé” par l’adoption au Sénégal d’une loi augmentant les peines pour les relations homosexuelles et a appelé le président Bassirou Diomaye Faye et les parlementaires à revenir sur ce texte, estimant qu’il viole des droits fondamentaux. 

À Dakar, la récente adoption par l’Assemblée nationale d’une loi durcissant les sanctions pour les relations entre personnes de même sexe suscite une vive réaction internationale. Le texte, qui double la peine de prison maximale pour homosexualité consensuelle jusqu’à 10 ans et pénalise la “promotion, le soutien ou le financement” de l’homosexualité, de la bisexualité et de la transsexualité, a été voté massivement par les députés et doit encore être promulgué par le président Bassirou Diomaye Faye. 

Dans une déclaration relayée par le bureau des droits de l’homme de l’ONU, le Haut‑commissaire Volker Türk a exprimé sa profonde préoccupation face à ce texte qu’il juge contraire aux droits humains universels. Selon lui, la loi porte atteinte au droit au respect, à la dignité, à la vie privée, à l’égalité et aux libertés fondamentales, en exposant les personnes concernées à des crimes de haine, à des arrestations arbitraires, à des discriminations dans l’éducation, la santé, l’emploi ou le logement, et en restreignant le travail des défenseurs des droits humains et des médias. 

Volker Türk a donc appelé le président Faye à ne pas promulguer cette loi et à envisager son retrait afin de respecter les obligations internationales du Sénégal en matière de droits humains. Il a également exhorté les autorités à abroger les dispositions discriminatoires existantes et à garantir l’égalité de tous les citoyens sans discrimination, quelle que soit leur orientation sexuelle ou identité de genre. 

La réaction des Nations unies s’inscrit dans un contexte de critiques internationales croissantes sur les législations anti‑LGBTQ+ dans plusieurs pays africains ces dernières années, un débat qui met en lumière les tensions entre traditions locales, politiques publiques et engagements internationaux en matière de droits humains.

Rebecca FUNDI

Share This Article