Dans plusieurs quartiers et provinces du Gabon, un phénomène inquiète de plus en plus les parents et les éducateurs : des adolescents encore scolarisés, parfois même mineurs, sont déjà en couple et s’installent dans des foyers, parfois sous le toit familial.

Dans plusieurs quartiers et provinces du Gabon, un phénomène de plus en plus préoccupant attire l’attention des parents et des éducateurs : des adolescentes encore mineures, parfois encore au lycée, s’installent dans des foyers et vivent en couple avant même d’avoir atteint l’âge adulte. Cela va souvent de pair avec des grossesses précoces. Selon des données nationales, environ 19 % des jeunes femmes de 15 à 19 ans ont déjà commencé leur vie reproductive, ce qui inclut les grossesses ou les naissances avant l’âge légal Les témoignages personnels illustrent également cette réalité. Dans le quartier Adjougou, à Libreville, une jeune femme de 26 ans élève seule quatre enfants après avoir commencé une vie de couple à seulement 15 ans. Comme elle, de nombreuses jeunes femmes se retrouvent précocement responsables d’une famille, souvent sans avoir achevé leur formation ni acquis la stabilité nécessaire pour subvenir aux besoins de leurs enfants. Cette entrée trop hâtive dans un foyer compromet l’avenir professionnel et personnel de ces jeunes.
Ce phénomène ne se limite pas à la capitale. Dans toutes les provinces du Gabon, on observe des situations similaires, avec des adolescentes qui, influencées par la pression sociale, la recherche de soutien affectif ou les modèles exposés sur les réseaux sociaux, franchissent trop tôt le pas de la vie de couple et des responsabilités familiales. Les parents et les communautés locales se retrouvent souvent démunis face à ce fléau silencieux.
Face à cette réalité, le dialogue, l’encadrement et l’accompagnement deviennent essentiels. Les familles et les enseignants doivent sensibiliser les jeunes aux risques de ces choix précoces et les aider à rester concentrés sur leurs études et leur avenir. Car derrière chaque adolescente qui entre trop tôt dans un foyer, c’est une trajectoire entière qui peut être compromise, et avec elle, l’avenir de toute une génération gabonaise.
MABITI ONASIA.
